Rythmes scolaires au Plessis-Robinson : faire le bon choix

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Le Plessis-Robinson cherche une nouvelle fois à faire « valider » en urgence une décision unilatérale aux parents d’élèves avec une nouvelle proposition faite aux conseils d’école s’appuyant sur le décret Hamon. Comme je le craignais, la présentation de la mairie ne laisse aucune ambiguïté sur le sujet : les Temps d’Activités Périscolaires seront, si les conseils d’écoles le votent, le vendredi après midi.

Bien sur, cette solution constitue sans doute une avancée positive par rapport à la situation actuelle et sans doute des familles y trouveront elles leur compte … mais c’est un recul net par rapport à la proposition précédente elle même largement perfectibles. Jusqu’au bout, le maire combat l’esprit de la réforme au mépris des retours positifs  d’expériences constatés dans les villes l’ayant mise en oeuvre.

Pourquoi je m’oppose à ces nouveaux horaires ?

J’avais eu l’occasion de dire que les horaires proposée par la Ville (1 heure par soir) n’étaient pas forcément adaptés à tous les âges et que, sans doute, des horaires différentiés selon les âges permettraient tout à la fois d’optimiser l’utilisation de nos infrastructures et les activités à l’âge des enfants (4*3/4 heures pour les petits et 2*1:30 pour les grands). Ils constituaient cependant un socle proche des intentions de la loi Peillon permettant d’étendre la semaine de travail tout en réduisant la durée des apprentissages. Ces nouveaux horaires permettaient aussi de compenser le manque de places dans nos cantines avec une pause méridienne plus grande permettant ainsi à chaque enfant d’avoir un peu plus de temps pour déjeuner (certaines écoles font aujourd’hui 3 rotations de service).

Le résultat, si ces horaires sont maintenus, est que l’apprentissage sera plus concentré dans la semaine et que les enfants auront 6 heures consécutives plusieurs fois par semaine. Pour ceux qui « éviteront » les TAP, le week end sera long pour les enfants … le lundi matin sera rude. Et dire que la loi voulait éviter les trop grandes coupures…

N’est ce pas là d’ailleurs l’objectif, encourager les parents à récupérer leurs enfants pour un long week-end : autant de moins à payer pour la ville et tant pis pour l’acquisition des savoirs de nos enfants remis en cause par cette grande coupure et ces journées trop lourdes?

Quelle justification pour le Plessis-Robinson?

Le décret indique qu' »à titre expérimental, pour une durée [maximum] de trois ans, le recteur d’académie peut autoriser des adaptations à l’organisation de la semaine scolaire dérogeant aux dispositions« . Il précise que pour se prononcer le recteur veille au « bien-fondé éducatif de l’expérimentation,  sa cohérence avec les objectifs poursuivis par le service public de l’éducation,  sa compatibilité avec l’intérêt du service et, le cas échéant, avec le projet éducatif territorial« . Mais au fait? Où est donc ce fameux projet éducatif territorial pourtant obligatoire pour profiter des aides de la CAF ? Et en quoi ces nouveaux horaires seront ils plus compatibles des intentions éducatives de la ville?

Même si je n’ai jamais été dupe de l’ambition de concertation de la ville, force est de constater que de nombreux parents se sont impliqués dans le processus qui avait permis de définir les horaires proposés au directeur académique des services de l’éducation nationale (et acceptés)  le 11 février 2014. Tout cela pour décréter une nouvelle organisation à 3 mois de la rentrée? Depuis deux ans, la majorité municipale se plaint de l’impossibilité de construire une organisation en deux ans et cela serait possible en 3 mois? Depuis deux ans, la ville explique qu’elle devra recruter et former des animateurs et il serait aujourd’hui possible de changer les horaires de tout le monde?

Quel coût pour le Plessis Robinson?

A ma question lors de la présentation du budget 2014 en conseil municipal, la majorité m’a répondu que bien entendu, la mise en oeuvre de la réforme était prise en compte (donc évaluée). Pourtant, cette même majorité explique aujourd’hui que le coût de la réforme n’est pas connu. Intéressant de voir que selon les lieux, ces activités sont budgétées ou pas mais alors que penser d’un budget qui permet au maire de justifier une future hausse d’impôts. La vérité est simple, le coût va tourner autour de 150 € par enfant et par an dont les 2/3 seront pris en charge par la CAF et l’Etat!

Ce volontaire flou permet à la ville de maintenir un climat anxiogène autour de cette réforme mais de deux choses l’une : soit le coût de ces TAP n’est pas connu et cela pose un souci de compétence; soit il est connu et prétendre le contraire est un mensonge. Laquelle des deux solutions est elle d’ailleurs plus rassurante pour notre Ville?

Que faire?

Une solution existe : refuser lors des conseils d’école ces nouveaux horaires. En ce cas, et même si je ne les approuvais pas totalement, les anciens horaires s’appliqueront. Rien ne nous empêchera d’évaluer en 2015 les résultats des villes qui auront fait le choix de retenir le dispositif expérimental ! En attente, nos enfants auront plus de temps pour manger, des horaires moins chargés … bref, tout ce pourquoi la communauté des parents travaille depuis 2012.

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