Des impôts locaux en hausse de 7,44% pour payer une dette de 73 M€ au Plessis-Robinson

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Le vote du budget lors du conseil municipal du 9 avril a été marqué par deux points majeurs :

  • l’augmentation des taux des impôts locaux de 7,43% votée par la majorité,
  • une dette qui explose et dont le maire a enfin reconnu qu’elle représentait plus de 72 M€ (très éloigné du chiffre officiel de 45,7 M€ pourtant en augmentation de 22% par rapport à 2014).

Une ville au bord du déséquilibre

Lors du débat d’orientation budgétaire du 11 mars 2015, nous avons appris qu’avec des recettes de fonctionnement de 54,9 M€ pour des charges de fonctionnement de 50,63 M€, l’excédent de fonctionnement pour 2014 était de 4,3 M€. La commune frôle donc  le déséquilibre budgétaire car cet excédent est à peine suffisant pour couvrir le remboursement en capital de la dette cette année (4,2 M€ hors PPP).

Une dette officielle de 47.5 M€ en hausse de 22,6%

En augmentation de 8,75 M€, la dette (hors PPP) atteint 47,5 M€ au 1er janvier 2015 (+22,6% en 1 an). Le ratio de désendettement, soit le nombre d’années nécessaire pour solder la dette si la commune consacrait tout son excédent pour la rembourser, s’établit d’après les services de la commune à 11 ans soit le double de l’année passée !

Une dette réelle de 72 à 73 M€ : une situation inquiétante pour notre commune

Dette_PR_ParHabitant

Globalement, les intérêts et le remboursement de la dette de la commune représentaient au moins 9 M€ en 2014, soit 16,7 % des recettes de fonctionnement.Mais il y a pire puisque les Partenariats Publics Privés (PPP) sont depuis le 01/01/11 assimilés à une dette. Ainsi, le Ministère des Finances retient une dette 22 M€ supérieure à celle déclarée par le maire. Par ailleurs, les accords de la ville, lorsqu’elle achète des terrains pour en différer de quelques années le paiement, représentent 2,5 M€.

Les services de la commune en commission, puis le maire au conseil ont reconnu leurs « erreurs ». Le ratio de désendettement n’était pas de 11 ans fin 2014 mais bien de l’ordre de 17 ans (73 M€/4,3 M€) alors que la Cour des Comptes s’alerte à partir de 15 ans qui représente la durée moyenne d’extinction des dettes des collectivités locales.

L’augmentation de la population du Plessis-Robinson ne constitue en rien un élément d’explication : la courbe ci-contre retrace l’encours de la dette par habitant et chacun peut observer l’explosion de la dette qui n’est donc pas du tout proportionnelle au nombre d’habitants. La courbe rouge rappelle l’encours de la dette dans la moyenne des villes de la même strate et démontre l’extrême dangerosité de la politique budgétaire menée par le maire.

Une dette qui augmentera encore en 2015

Pour payer le Pôle culturel et poursuivre la spéculation sur NOVEOS, le maire repousse des investissements (comme la réhabilitation des écoles) mais accroît la dette de 11,7 M€ en 2015 et annonce un remboursement d’emprunt (hors intérêts) record de 10,4 M€ cette année. Le service de la dette représentera ainsi près de 13 M€, soit plus de 24% des recettes de fonctionnement de la ville !

Pour éviter d’effrayer les financeurs,  les « partenaires » ou la Cour des comptes, le maire devait donc baisser la dette, baisser les dépenses et/ou augmenter les recettes. J’avais montré lors du débat d’orientation budgétaire du 11 mars 2015 qu’il était possible de :

  • baisser cette dette en revendant les terrains acquis pour la ZAC NOVEOS,
  • baisser les dépenses avec trois axes forts : réduire les achats dispendieux de la commune, repenser la gestion des partenariats (marché & parkings) et arrêter de dépasser quasi systématiquement de 25 /30% les budgets prévus pour les équipements de la ville.

Il n’aura retenu de mes « conseils » que la vente des terrains hors NOVEOS, quitte à intégrer des terrains qu’il n’a pas encore acquis (comme les locaux de la Poste), pas encore payé et encore moins libéré (comme le terrain de l’ensemble Gérard Philipe) ou dont il sait que la vente est très compromise (comme le Panoramic-Ermitage).

Une augmentation des impôts au service d’une politique spéculative

Après l’augmentation des tarifs communaux en septembre 2014, le maire a décidé pour redresser cette situation inquiétante, de rendre les Temps d’Activités Périscolaires (TAP) payantes et d’augmenter les impôts locaux de 7,43 % alors même que les Robinsonnais sont déjà 2e au classement des impôts locaux du 92 !

BalanceImpotDGFFace à cette dette, le maire ne donne pas aux Robinsonnais une analyse correcte de la situation et préfère chercher, comme souvent, un coupable ailleurs (l’État, le Grand Paris…) pour ne pas avoir à remettre en question sa politique de spéculation urbaine et sa gestion. La baisse des dotations de l’état représente cette année 0,9 M€, c’est à dire un montant trois fois moins élevé que l’augmentation des recettes fiscales votée (2,5 M€) !

Même en intégrant le reste à charge annuel de la réforme des rythmes scolaires (investissements compris) pour la commune qui représente moins de 0,2 M€, il est évident que la hausse des impôts n’est pas liée à ces éléments mais bien au paiement de la dette et à la volonté de poursuivre ses projets sur NOVEOS !

Il suffit, pour s’en convaincre si besoin ait, de lire la délibération justifiant cette augmentation d’impôts:

Délibération associé au point 7 du conseil municipal du 9/4/15 (vote des taux)

Délibération associée au point 7 du conseil municipal du 9/4/15 (vote des taux)

Contrairement à ce que prétend le maire, cette augmentation n’est pas « mécanique ». Elle est politique et les objectifs véritables de ces augmentations d’impôts comme de tarifs sont de couvrir la dette et de poursuivre le programme NOVEOS ! Ce n’est, à mon sens, qu’une attaque contre le pouvoir d’achat des Robinsonnais-es pour payer les gabegies passées et permettre celles du futur!

Pendant ce temps là, les réhabilitations des écoles Joliot-Curie et François Peatrik sont encore repoussées, les classes de découverte ne sont plus subventionnées, beaucoup d’associations (comme la Lyre, l’entente Plessis-Meudon…) ou le CCAS voient leur subvention baisser, les activités municipales augmentent … et le maire ose dire que ce n’est pas fini !

C’est pourquoi, j’ai bien évidemment, avec mes collègues de l’opposition, voté contre ce budget.

 

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  • M. Pemezec, et ce n'est pas la première fois n'assume pas ses choix ou ses propos ! Taper sur l'Etat pour masquer ses erreurs de gestion c'est plus facile ! La ville n'a pas besoin d'un si immense pôle culturel, c'est de la démesure, de la mégalomanie. Cet argent aurait pu et du servir à d'autres budgets la formation, l'éducation, l'emploi, l'associatif ... Il n'est pas interdit d'être innovant en matière de politique municipale.
    par Robinsonnais le 28/04/2015

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