Pôle culturel : 1,2 M€ d’avenants discutables !

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J’ai  voté contre la délibération du conseil municipal du 1er octobre 2015 qui visait à valider une nouvelle volée d’avenants concernant le pôle culturel. Ce n’est pas une question de principe : il est logique de payer un complément au fournisseur  lorsque un nouveau besoin est exprimé par le client. Un avenant est le regroupement, pour une entreprise donnée, de différentes demandes de modifications pouvant venir de nouvelles demandes de la ville, de l’architecte ou de contraintes imposées par les différents organismes en charge de vérifier que le bâtiment répond aux diverses réglementations (incendie, accessibilité, acoustique…).

Cependant, sur les 5 avenants présentés (pour un total de 763 000€), seul le lot « plomberie » (pour un montant de 4 725 €) m’est apparu correspondre pleinement à la juste définition d’avenantPrésent à la commission d’appel d’offres le matin même, j’ai pu demander à séparer les votes pour refuser tous les avenants à l’exception de ce lot plomberie.

Déjà lors du conseil du 9 juillet, j’avais refusé de voter les avenants présentés au motif qu’ils recouvraient des prestations déjà prévues par le cahier des charges initial (borne de retour, réseau wifi, système RFID…) ou des dépenses somptuaires voulues par l’architecte (comme les 70 000€ de  remplacement du marbre de Carrare au sol par un autre marbre pour  « avoir une décoration plus chaleureuse »).

En tout, la majorité municipale a accepté près de 1,2 M€ d’avenants discutables en trois mois et il en resterait d’autres à formaliser ! Depuis le départ, le prix de cet équipement ne cesse de s’envoler pour satisfaire la démesure du maire. Même les services de la mairie avouent ne pas vraiment savoir combien cet équipement coûtera !

Ce pôle culturel est un gouffre dont je n’ose imaginer les futurs coûts d’exploitation. Décidément, la vision du budget du maire est à géométrie variable : il décrit la collectivité comme exsangue  (à cause des 0,9 M€ de dotations que l’Etat ne lui versera pas) ; il augmente les impôts locaux (2,5 M€) et les tarifs des activités municipales, il supprime l’aide aux classes vertes,  il laisse la dette exploser (passant de 60 à 80 M€ entre 2013 et 2014) … mais il accepte de payer, en 3 mois, 1,2 M€ d’avenants pour le pôle ! 

Les exemples ci dessous illustrent quelques dérives constatées et acceptées par la majorité municipale.

Des avenants pour des prestations déjà prévues par le cahier des charges initial

Est-il acceptable de (re) payer pour des éléments déjà prévus au cahier des charges ? Non.

AvenantPourDesChosesPrévues

un avenant qui précise que son objet est de respecter le programme fonctionnel (= cahier des charges)

Cet exemple est assumé par l’architecte et son équipe qui n’hésitent pas à l’indiquer dans la justification de la demande. D’autres exemples sont présentés comme des ajouts alors qu’ils sont parfaitement définis dans le cahier des charges initial accepté et signé par l’équipe de conception.

Des avenants pour des prestations déjà faites

Dans un chantier public comme pour celui d’un particulier, ce n’est que lorsque le client a accepté le devis que le fournisseur peut faire les travaux. Cela semble naturel et pourtant au Plessis-Robinson, certains avenants n’ont pas d’impact sur les délais… parce qu’ils seraient déjà faits.

Des avenants pour prendre en compte les obligations réglementaires

Le pôle est un bâtiment public complexe et multifonctionnel. Les équipes de Maitrise d’Oeuvre et le bureau de contrôle ont sans doute été sélectionnés sur leur capacité à gérer un tel projet. Et pourtant, lorsqu’ils se trompent ou lorsqu’ils oublient des points réglementaires en conception, la ville doit encore payer leurs erreurs.

LimitesUsagesSalleReception

Des restrictions d’usages bien surprenantes

La destinée de la salle de réception du futur pôle culturel est bien surprenante.

Au départ, le programme fonctionnel est clair : il s’agit d’une salle destinée à accueillir 300 personnes assises ou 700 debout pour  » des réceptions et/ou séminaires, des cocktails ou vins d’honneur, des soirées privées, des soirées dansantes, des « thés dansants », le salon du livre…« . Le cahier des charges précisait que la salle serait « essentiellement utilisée le weekend (vendredi soir à dimanche soir) et certains jours en journée (exemple les thés dansants un après-midi un fois par mois)« .

La vocation de la salle étant festive alors que le pôle est si proche des habitations, le cahier des charges prévoyait une très forte isolation acoustique pour permettre aux convives de faire du bruit sans déranger les riverains.

Lors du concours, la commission technique s’était alertée très justement sur la capacité pour le projet à concilier ces contraintes et la vocation festive de la salle. Le maire et son équipe n’avait pas souhaité suivre son avis… Cela devient une habitude puisque, pour rappel, la commission avait prévu l’explosion du budget travaux de 24 à 32 M€ HT constatée ensuite comme une fatalité par la majorité municipale.

Aujourd’hui, après un rappel de l’historique qui démontre les erreurs accumulées ou les choix malheureux, la maîtrise d’oeuvre en vient à suggérer d’interdire l’accès aux terrasses , à spécifier que l’usage de la salle de réception « se limitera à des activités telles que des banquets. réceptions. présentations, conférences, réunions… avec une éventuelle sonorisation de la parole« .

La « superbe » salle de réception ne pourra accueillir ni cocktails, ni vins d’honneur, ni soirées dansantes… qui « devront être effectuées dans la salle du sous-sol« . Quoiqu’il en soit, l’architecte et son équipe précisent que « il conviendra de ne pas dépasser un niveau sonore de 75 – 80 dB(A) à l’ intérieur de la salle de réception. » Pour rappel, un simple restaurant scolaire avoisine les 85 dBA !

Les 300 personnes assises (ou 700 debout) dans la salle de réception seront donc priés de faire 4 fois moins de bruits que nos enfants à la cantine !

Des avenants pour satisfaire les goûts esthétiques de l’architecte

Bien sur, la beauté est un élément d’importance dans un équipement public mais compte tenu du coût « pharaonique » des travaux prévus, j’espérais que cela s’arrête là.

Est-il normal, alors que tout aurait du être prévu lors de la conception, que l’architecte demande encore et toujours des avenants au nom d’une recherche utopique d' »esthétisme » ?

Est-il normal que la majorité municipale les accepte sans jamais lui expliquer que l’argent consacré à un équipement public n’est pas du mécénat d’artiste ?

Et pourtant, voici une liste non exhaustive de ces avenants :

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