Le parking Coeur de Ville, gratuit pour l’usager mais hors de prix pour les Robinsonnais

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Le conseil municipal du 17 décembre 2015 visait à approuver le compte rendu de Q-Park, délégataire de la ville pour exploiter le parking du Coeur de Ville. Ce parking de 220 places génère un « chiffre d’affaire » de 510 000 €. Ce montant regroupe:

  • 298 000 € de recettes réelles (issues d’abonnements ou de paiements par les usagers) dont 48 places louées par la ville pour un montant de 33 000 €,
  • une subvention d’exploitation de 181 000 € que la ville lui accorde,
  • le paiement par la ville d’un forfait de 69 000 € pour offrir la gratuité aux usagers ne passant pas par Carrefour market (qui offre lui même la gratuité à ses clients pendant 1h30) .

Au final, la ville est responsable de 59% du « chiffre d’affaire » du parking qui génère une rentabilité (après impôts) de 86.6 k€, soit un résultat net de 17%.

Une heure gratuite de plus en plus chère!

Lors de ce même conseil, le maire a fait passer le montant que la ville verse au délégataire pour la gratuité de la première heure de 69 000 € à 120 000 € au motif que le nombre de Robinsonnais restant moins d’une heure augmentait. Le délégataire s’est même fait verser 100 000 € au titre des années précédentes. Cette heure de gratuité est profondément choquante (et son augmentation d’autant plus) à l’heure où la majorité municipale augmente l’ensemble des tarifs municipaux, où la ville supprime l’aide aux classes de découverte, où le maire augmente les impôts locaux…

Personne ne semble d’ailleurs comprendre comment fonctionne cette heure gratuite : ni le délégataire qui confond l’heure offerte par la ville et l’heure et demie offerte par Carrefour Market, ni les adjoints au maire qui semblent croire que la ville paierait moins si les Robinsonnais passaient au Carrefour Market alors que les services de la ville m’expliquent qu’en fait, Carrefour Market ne paie que la différence entre l’heure et l’heure et demie… Bref, la seule chose claire est que le délégataire, qui dégage une marge plus que confortable, ose demander à la ville (qui assume déjà près de 60% de ses recettes) de quasiment doubler le montant associé à l’heure gratuite et que cela ne choque pas les élus de la majorité !

D’ailleurs, cette première heure gratuite l’est-elle tant que cela? Le nouveau tarif publié en juillet est éclairant. Le délégataire facture 30 centimes chaque quart d’heure mais rester 1h15 coûte 1,50€. La ville paye donc la première heure mais quiconque reste 1 h 01 la repaye aussitôt. Ainsi, le plus grand flou règne sur cette première heure qui n’est pas vraiment gratuite !

Tarif du parking Coeur de ville - Au delà d'une heure, la première heure est elle vraiment gratuite?

Tarif du parking Cœur de ville – Au delà d’une heure, la première heure est elle vraiment gratuite?

Des coûts d’exploitation qui cachent une rémunération inespérée

A ce stade, ma première interrogation au conseil municipal portait sur la nature du contrat qui nous lie à QPark. Une délégation de service public se caractérise par le risque d’exploitation et là, force est de constater qu’en apportant 383 000 € alors que le total des charges du parking n’excède pas 370 000 €, la commune met le concessionnaire à l’abri de tout risque. Je n’ai pas eu de réponse.

La deuxième interrogation portait sur les frais de siège que se verse le délégataire. Ils sont sensés être calculés sur le chiffre d’affaire comme clé de répartition des frais généraux de la société mère. Ici, ils sont également calculés sur la base de la subvention et du coup ils représentent à eux seuls (56 000 €) 11 % des produits d’exploitation (510 500 €) quand chacun convient qu’ils ne devraient pas dépasser 5 %. C’était d’ailleurs les hypothèses prises en 1999 dans le contrat initial qui fixait ces frais de sièges à 15 000 € pour 324 000 € de produits d’exploitation (y compris aide de la ville). Forcément, le coût de la vie a évolué mais le ratio aurait du demeurer : il était de 4,6 % en 1999 et il est aujourd’hui supérieur à 11 %.

Ce sont, à mon avis, deux points qui méritaient d’être discutés avec le concessionnaire au moment où il demandait à notre commune de contribuer un peu plus encore à augmenter ses profits déjà impressionnants.

Des subventions trop fortes

Regardant ce contrat, je me suis aperçu qu’il prévoyait de recalculer la subvention si le taux d’intérêt du crédit pris par le concessionnaire sur 30 ans était revu à la baisse. Sachant qu’il était à l’époque de 5,48%, j’imagine aisément que ce crédit a été renégocié mais je ne pense pas que la subvention ait évolué en conséquence.

Contrat de Concession Cœur de ville

Contrat de Concession  du Parking Cœur de ville – Réévaluation de la subvention d’exploitation

Voilà, il me semble une deuxième piste à explorer pour limiter le coût pour notre commune de cet équipement dont la concession dure jusqu’à 2031.

La ville aurait du récupérer une partie des recettes

Dans ce même contrat figure à l’article 31 : « Si les recettes HT d’un exercice donné sont supérieures au montant de la recette conventionnelle HT du compte d’exploitation figurant en annexe 5 [… ], le concessionnaire verse à la ville une redevance égale à 80% de la différence entre les recettes réelles HT et les recettes prévisionnelles HT ».

Contrat de Concession du Parking Coeur de ville

Contrat de Concession du Parking Coeur de ville – Partage des bénéfices

Or les recettes prévues pour 2014 dans ces annexes étaient de 144 000 € (946 749 F) alors que celles présentées dans le compte rendu d’activités du délégataire sont de 298 000 € soit 150 000 € de plus. Autrement dit, Q-Parc devrait nous verser une somme non négligeable tous les ans (80% de 150 000 €) ce qui me semble être une troisième piste à explorer à l’heure où le délégataire demande toujours plus à la ville.

Pourquoi une telle opacité?

Pour bien comprendre cette suite d’erreur si surprenante pour une majorité municipale qui contrôle la ville depuis 25 ans, j’ai demandé à avoir accès aux nombreux avenants qui ont été signés depuis le contrat initial et qui ont, peut être, amendé cette situation scandaleuse. J’attends toujours ces avenants mais je suis enclin à croire qu’ils ne changent rien à cette situation puisque personne au conseil ne m’a contredit dans mon exposé.

Une nouvelle fois, le droit élémentaire à l’information de la chose votée pour les conseillers municipaux n’est pas respecté au Plessis-Robinson. Faut il comprendre que le maire n’a pas trop intérêt à ce que ces éléments soient connus des Robinsonnais ?

Quoiqu’il en soit, tout ceci montre à l’évidence que la majorité municipale verse beaucoup trop au délégataire pour l’exploitation de ce parking puisque ce sont près de 300 000 € que la ville versera en 2015 pour que les Robinsonnais puissent profiter de ce parking.

Les quelques pistes évoquées ci-dessus permettraient d’en économiser probablement la moitié (permettant par exemple de re-subventionner les classes découvertes par exemple) si la majorité municipale souhaitait vraiment travailler sur ses dépenses plutôt que consacrer son énergie à augmenter ses recettes (impôts, tarifs des activités…).
 

 

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