Pourquoi le marché coûte-il si cher aux Robinsonnais?

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Lors du conseil municipal du 17 décembre, le conseil municipal prenait acte du compte rendu des Délégations de Services Publics pour la halle et son marché. J’ai une nouvelle fois dénoncé les sommes folles versées à ces délégataires sans commune mesure avec les services rendus aux Robinsonnais. À titre d’exemple, la ville a ainsi versé en 2014 : 752 000 € à MANDON pour le marché et 582 000 € à Q-Parc pour le parking… soit 1,33 M€ payés par les impôts des Robinsonnais pour notre « si cher » marché… Alors que dans les autres villes, le marché rapporte à la collectivité, au Plessis-Robinson, il coûte !

Des coûts liés au montage particulier et un loyer exorbitant

En 2005, la ville avait ainsi choisi de confier la conception de la Halle du marché et de son parking en échange d’un loyer sur 25 ans à la société SOPRANO (filiale d’EIFFAGE). Le coût des équipements à la charge de la société était de 7,8 M€ pour la halle et de 4,4 M€ pour le parking. SOPRANO a pris un crédit (que la ville a garanti), intégré ses frais, ajouté sa marge…

Compte tenu des loyers négociés, au final, la ville déboursera plus de 19 M€ pour la halle et presque 9,5 M€ pour le parking… soit entre deux et trois fois le prix des investissements initiaux.

Des subventions de délégations qui augmentent plus vite encore

La ville a ensuite délégué l’exploitation du parking à Q-Park et l’exploitation de la halle à MANDON en promettant aux deux sociétés une subvention d’exploitation leur permettant de payer le loyer à SOPRANO.  Avec cette nouvelle halle voulue par la majorité en 2006 et le montage évoqué, MANDON a négocié un contrat où la subvention versée augmente plus vite que le loyer déjà exorbitant. A terme, la ville devra verser à terme plus d’un million d’euros par an rien que pour la halle. 

C’est pour cela que nous avions proposé en 2014 de racheter ces vraies fausses dettes et de re-négocier les subventions aux délégataires pour rétablir une situation normale : celle où le marché rapporte à sa ville… et non l’inverse.

D’étranges postes de dépenses qui grèvent la redevance de la ville

Jusqu’en 2005, la société MANDON exploitait déjà le marché et dégageait une rentabilité très confortable sans que cela coûte un euro à la ville… Témoignage de cette époque, la comparaison entre les 2 bilans financiers suivants, espacés de 10 ans, démontre très clairement l’échec budgétaire du maire.

Compte de résultat Marché Plessis Robinson 2004 - 2014

Compte de résultat Marché Plessis Robinson 2004 – 2014

La mise en comparaison de différents postes budgétaires met en lumière différents points que la majorité municipale aurait dû, depuis longtemps, relever et, en bonne gestionnaire, refuser:

  • la recette liée aux abonnements a augmenté de 66% montrant que depuis 10 ans, les commerçants sont certes un peu plus nombreux mais payent surtout plus chers leurs emplacements ce qui explique notamment les tarifs en hausse que chacun constate dans ce marché de plus en plus élitiste;
  • la commune, qui percevait près de 20 000€ en 2004 paye aujourd’hui 772 147 € soit bien plus que le loyer payé par le délégataire à Eiffage;
  • les frais de siège, de 69 397 € en 2004 sont maintenant de 159 799 € soit une augmentation de 130% alors que les recettes liés aux commerçants n’ont augmenté « que » de 66%;
  • l’exploitant inscrit en dépense une « rémunération » à hauteur de 91 895 € alors qu’auparavant, conformément au statut d’une Délégation de Service Public, il ne se rémunérait que sur les bénéfices dégagés de l’exploitation.

Rien qu’en ramenant à la situation initiale ces deux derniers points, le résultat augmenterait mathématiquement de 167 000€ et donc la ville toucherait chaque année 70 000 € de plus.

Par ailleurs, l’un des postes les plus coûteux en 2004 était le ramassage des déchets. Où sont donc passés ces 53 005 € ? Qui paye aujourd’hui pour ce ramassage qui n’est plus à la charge du délégataire?

Une autre voie est possible

Racheter les vraies-fausses dettes liées à la halle et son parking, dénoncer ce contrat de DSP où chaque ligne du compte rendu pose question, redéfinir contractuellement chaque poste pour ramener la délégation à une juste rémunération voire en municipaliser la gestion… Ce sont ces décisions de bonne gestion qui permettraient de rationaliser les dépenses de notre commune sans augmentation de tarifs, sans augmentation d’impôts, sans sacrifier les services rendus à la population. 

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