DOB 2016 – Chapitre 3 Dépenses excessives et baisse en trompe-l’œil

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Lors du Débat d’Orientations Budgétaires de mars 2016, la majorité annonce fièrement avoir baissé de près de 3% les dépenses de fonctionnement en 2015. En attente de confirmation (puisque la majorité n’a toujours pas publié les comptes 2015), un examen attentif de ces dépenses montrent que de grandes marges de manœuvre subsistent et que seuls le personnel et les Robinsonnais, par l’abandon ou la transformation de certaines activités, sont acteurs de cette baisse en trompe-l’œil.

Des dépenses en hausse et toujours largement excessives

Le rapport fourni pour nourrir le débat d’orientation budgétaire voudrait démontrer que les dépenses de fonctionnement sont en baisse au Plessis-Robinson ou du moins qu’elles progressent moins vite. Chacun jugera la complexité du texte fourni qui démontre la volonté de noyer le public sous des chiffres pour qu’il ne retienne que le message voulu sans pouvoir exercer son sens critique:

Extrait de la note de présentation du DOB 2016

Extrait de la note de présentation du DOB 2016

Il existe pourtant un moyen simple d’illustrer la hausse ou la baisse de ces dépenses indépendamment de l’évolution de la population  puisque il suffit de raisonner par habitant comme le montre la figure suivante :

Dépenses de fonctionnement communales par habitant

Dépenses de fonctionnement communales par habitant

Ce graphique permet de comprendre pourquoi la majorité municipale met le focus sur 2005 puisque c’est un pic de dépense. Chacun constatera, en s’appuyant sur les données consolidées publiées par l’Etat, que les dépenses de fonctionnement du Plessis Robinson sont largement supérieures à celle de la moyenne des villes comparables et pourra s’étonner de la baisse de ces dépenses dans notre ville depuis 2008 alors que, bien que restant largement en deçà, les villes comparables augmentent depuis cette même année.

L’explication est simple mais va à l’encontre du message que voudrait faire passer la majorité municipale. Les dépenses n’ont pas baissé au Plessis-Robinson : elles ont été pour partie déléguées à la Communauté d’agglomération à partir de 2008 !  En intégrant les dépenses de fonctionnement par habitants de la CAHB à qui la commune a délégué nombre de compétences (et donc de coûts associés), le graphique précédent est nettement moins flatteur pour la majorité municipale :

Dépenses de fonctionnement au Plessis-Robinson en intégrant les compétences déléguées à la CAHB

Dépenses de fonctionnement au Plessis-Robinson en intégrant les compétences déléguées à la CAHB

Une autre preuve de l’impact de ces délégations sur les coûts de fonctionnement est fournie par la majorité municipale lorsqu’elle évoque l’augmentation de 3,8 % en 2013, et de 5,4 % en 2014 des dépenses de personnel  et se justifie par la re-municipalisation de la Maison de la Musique et de la Danse démontrant par la même le fort impact de ces délégations.

Extrait de la note de présentation du DOB 2016

Extrait de la note de présentation du DOB 2016

Des recherches d’économies centrées sur le personnel

Les dépenses liées au personnel représentent 50% des dépenses de fonctionnement alors, que dans les communes comparables, ce ratio est plus proche de 57%.

Cela n’empêche pas nos dépenses de personnel communal par habitant d’être encore 10 % au dessus des communes comparables. Le maire et ces adjoints ont protesté en niant ces chiffres. Ici aussi, l’analyse des données officielles démontrent sans ambiguïté le propos :

Dépenses de personnel par habitant par an

Dépenses de personnel par habitant par an

L’an dernier, j’avais souligné que si des actions d’optimisation dans les dépenses de personnel devaient être faites, ce n’était pas l’axe le plus efficace de baisse. La majorité a ainsi multiplié les efforts demandés au personnel pour aboutir à 1,5% de baisse hypothétique (en attente de comptes consolidés) de dépenses. C’est là faire porter un lourd tribut sur le personnel communal si aucune autre action plus globale n’est menée.

Des achats externes bien trop importants

Le poste de dépense dont l’écart est le plus important par rapport à la moyenne reste les achats. En 2014 (dernier chiffre officiel), la ville dépensait 294 € par habitant pour ses achats externes là où le Plessis-Robinson en dépensait 506 € et même 641 € en intégrant les achats liés aux compétences déléguées à la CAHB.

Dépenses de fonctionnement liées aux achats par habitant et par an

Dépenses de fonctionnement liées aux achats par habitant et par an

C’est donc bien le poste sur lequel des économies peuvent être faites le plus facilement et pourtant le long exposé lu par le maire adjoint en préambule du Débat d’Orientations Budgétaires, , tout à la gloire des actions passées de la majorité, ne présente aucune proposition pour ramener à un niveau raisonnable les dépenses en achat externe de la commune.

Des subventions trop fortes mais pas pour les associations

Les subventions versées par la ville sont elles aussi largement supérieures à ce que versent les communes comparables comme en atteste la figure suivante :

Dépenses de fonctionnement liées aux subventions versées par habitant et par an

Dépenses de fonctionnement liées aux subventions versées par habitant et par an

Il ne faut pas croire que la commune est particulièrement généreuse avec les associations puisque le pic entre 2006 et 2007 correspond à la mise en place des subventions pour le marché (halle et parking). En 2014, les subventions liées à la halle et aux parkings Coeur de ville et du marché représentent près de 60 € par habitant.

C’est pourquoi, nous nous sommes réjouis que la majorité municipale annonce renégocier les BEA de la ville tant pour les parkings que pour la halle comme nous le demandons depuis plusieurs années en espérant que ces renégociations aboutiront d’une part mais permettront surtout de repenser les contrats des concessionnaires de la ville qui coûtent près de 2 M€ par an aux contribuables robinsonnais.

Alors d’où viennent finalement les 3% de baisse ?

Finalement, la baisse de 3% des dépenses de fonctionnement repose, et aucune orientation de la majorité n’est venu montrer que cela devait changer en 2016, sur les efforts demandés au personnel (perte d’indemnité d’accueil, gel du point d’indice, renégociation des horaires…) d’une part et la réduction, la suppression ou la transformation d’un certain nombre d’activités comme les classes de découvertes, les séjours, les Olympiades, le Charivari, … ou plus récemment le gala de danse de fin d’année.

J’avais exposé, lors du Débat d’Orientations Budgétaires 2015, quelques pistes pour baisser ces dépenses de fonctionnement que la majorité n’a pas voulu prendre en compte.  J’ai réitéré l’exercice à l’occasion de ce DOB 2016.

Quel coût de fonctionnement pour le pharaonique pôle culturel ?

Pour finir sur les dépenses, j’ai demandé au maire le budget de fonctionnement associé au pôle culturel pour 2016. Sachant que l’association Plessis-Loisir a obtenu de la CAHB un budget de plus d’1,4 M€ pour le théâtre, je me suis interrogé sur les coûts associés au reste de cet équipement.

Le maire n’a bien évidemment pas voulu répondre à cette question… pas plus qu’aux autres.

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  • Bonjour, Merci encore pour ces analyses détaillées. Les liens vers les graphiques ne fonctionnent pas : 404 — File not found. Cdt, X.Durel
    par Durel Xavier le 19/04/2016

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